La revue tatou en préambule lance un nouvel appel à textes pour son numéro 01.

Après un premier appel sans directives pour le numéro 00, nous choisissons de proposer une base de travail : un extrait de A.F.O.N.S d’Anne Parian et de Conjectures sur Jakob d’Uwe Johnson.

Ces deux textes ne représentent pas des sujets ou des thèmes, nous les pensons comme des trajectoires données afin d’aiguiller vers les formes de textes que nous encourageons.
Nous portons un regard particulier aux formes textuelles hybrides, à la fabrication, au détournement, au décloisonnement des formes littéraires en vue de repenser ce qui fait poésie.

1.

A.F.O.N.S, Anne Parian, aux éditions du Théâtre Typographique, 2001

Ils se sont levés puis se sont rassis, ils ont sauté tous ensemble. Ils ont levé la tête. Ils ont plongé plus loin. Ils ont nagé plus loin. Ils sont sortis mouillés et donc voici l’hiver venu l’hiver de notre déplaisir.
– Nous allons venir nombreux pour cette ronde-là, ont-ils dit.
Je n’ai pas compris ce corps, disaient-ils, était celui d’une bête ou bien cette forme qu’était-elle cette forme-là ?
Je ne supportais plus les mouvements de leurs regards trop mobiles, « mugissante », avait-il dit, l’histoire d’une forme.

2.

Conjectures sur Jakob, Uwe Johnson, traduction de Marie-Louise Ponty, aux éditions Gallimard, 1994

– Une heure plus tôt, ils avaient écrasé un homme d’équipe sur la butte de lancement, lui aussi devait avoir l’oreille.
– Mais c’est justement pour ça qu’ils étaient si agités. Oh, bien sûr, ils ont tout de suite trouvé les mots qu’il fallait, accident tragique, services rendus à l’édification du socialisme, souvenir reconnaissant : celui qui a trouvé tout cela doit en savoir plus long que personne. Demande donc dans toute cette fichue gare s’il y en a un seul qui a encore obtenu en plein mois de novembre son laissez-passer pour l’Allemagne de l’Ouest ; Jakob, lui, était rentré le matin même par un train interzones.
– Cresspahl, tu le connais peut-être. Il a une fille.

Mon père cet automne-là avait soixante-huit ans, il vivait seul dans le vent âpre et gris qui, de la mer, déferlait sur lui et sur sa maison avant de monter à l’assaut des terres

Quelques informations pratiques :

La date limite de l’appel à textes est fixée au 15 janvier 2026.
Nous n’imposons aucune limite de caractères aux propositions textuelles.
Celles-ci sont à envoyer en format pdf à l’adresse suivante : tatourevue@gmail.com
Nous ne sommes malheureusement pas en mesure de rémunérer les auteurs, ainsi un exemplaire de la revue sera offert à chaque auteur retenu.

Nous nous réjouissons de vous lire,
Anaïs Madelénat et Nolan Ménager pour tatou en préambule